Synthèse de la table ronde n° 4

Journée nationale d'échanges et de formation des SAMSAH et SAVS du 27 septembre 2022

Le temps de l'accompagnement

Le fil rouge de la journée se décline dans une quatrième table ronde dédiée au temps de l’accompagnement avec Ombline Coupey, psychologue au SAMSAH Prépsy de Paris, et Marie Delaroque, directrice du dispositif habitat Côté cours, Vivre et devenir du Havre.

Les deux intervenantes évoquent à l’unisson l’importance de placer l’usager au centre de son accompagnement avec un premier temps de définition du projet et des modalités d’aides dont le bénéficiaire a besoin et accepte de recevoir. Marie Delaroque précise que dans le cadre de l’accompagnement d’une personne suivie pour des raisons psychiatriques, il y a un temps, nécessairement long, de prise de confiance. L’accompagnement doit également se faire avec la famille qui doit être incluse dans le processus pour en faire un maillon de l’accompagnement. Ombline Coupey reconnait que les moyens à disposition ne permettent que très rarement d’inclure les familles dans le processus, le temps manquant souvent aux professionnels pour intégrer cette dimension dans l’accompagnement.

Les temps de l’accompagnement doivent être partagés entre les différentes structures et les différents professionnels. L’objectif étant d’accompagner l’usager dans l’ensemble des domaines de sa vie, il faut, à un rythme régulier, que les professionnels puissent intervenir afin de mailler l’accompagnement, du sanitaire jusqu’au social. De ce fait, Ombline Coupey et Marie Delaroque insistent sur l’importance de la coordination avec les partenaires. Pour Ombline Coupey, l’objectif d’un SAMSAH peut être de laisser la place à un SAAD et Marie Delaroque précise que « le tempo de l’accompagnement est obligatoirement plus long pour un SAAD que pour un SAMSAH qui doit être présent dans les difficultés quotidiennes du patient ».

Le temps de l’accompagnement c’est aussi, pour Ombline Coupey, « savoir dire au revoir […] et leur apprendre à revenir en cas de problème en espérant que ça ne sera pas pour la même chose ». Marie Delaroque abonde en ce sens et met en garde contre le risque de faire de l’accompagnement un système trop englobant pour ne pas institutionnaliser le domicile : le domicile doit rester en extérieur de l’institution. Pour cause, les patients suivis pour des pathologies psychiatriques sont trop souvent orientés vers l’hôpital faute de pouvoir intégrer un logement inclusif adapté.

Il faut également éviter de chroniciser l’accompagnement en réévaluant à intervalle régulier (tous les six mois en moyenne) les besoins et les objectifs de l’accompagnement. Faire évoluer le temps de l’accompagnement permet d’emmener progressivement le patient vers une prise en charge moins lourde et mieux adaptée à ses besoins. Pour Marie Delaroque « l’idée c’est d’écouter la personne par une écoute active, pas forcément avec des mots, permettant de réévaluer le besoin et d’intervenir au plus près de l’usager ». La réévaluation de l’accompagnement permet d’alléger la file active et de prendre en charge davantage de patient, ce qui fait évidemment écho à la première table ronde.

Enfin, il est à noter que le temps de l’accompagnement c’est également le temps de la coordination avec les MDPH. Marie Delaroque insiste pour que les services entretiennent des relations étroites avec les partenaires et les MDPH. Ce qui permet d’avoir la confiance de la MDPH pour gagner en liberté dans l’accompagnement en devançant, parfois, la notification quand l’urgence se présente. 

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